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Les Grands Projets Québécois - La Baie-James (Complexe Hydroélectrique)

8 septembre 2013

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Documentaire québécois.
Le Projet de la baie James, lancé en 1971 par Hydro-Québec et le gouvernement du Québec, est un gigantesque aménagement hydroélectrique sur la côte Est de la Baie James. Huit centrales sont construites en deux phases et produisent 50% de l'énergie hydroélectrique du Québec. La phase 1 du projet est réalisée au coût de 13,7 milliards et nécessite d'énormes captages d'eau des rivières EASTMAIN, Opinaca et Caniapiscau (KOKSOAK) vers des réservoirs artificiels sur la RIVIÈRE LA GRANDE. Le débit moyen de la rivière La Grande passe de 1700 à 3300 m³/s. Un déversoir en gradins de trois fois la hauteur des chutes du Niagara est creusé à coups d'explosifs dans le sous-sol rocheux. Terminée en 1982, La Grande 2 (LG-2), qui possède la plus grande centrale électrique souterraine du monde, génère une puissance électrique de 5328 MW. L'achèvement de LG-3 (en février 1984) et celui de LG-4 (en mai 1984) complète la phase 1 du projet et fait passer la capacité de production d'Hydro-Québec à 10 300 MW.

La phase 2 du projet commence en 1989 avec l'aménagement de LG-1 à l'embouchure de la rivière La Grande, à l'endroit où celle-ci se jette dans la baie James. Au cours de la construction de cette phase, Hydro-Québec propose d'ajouter un projet sur la rivière Grande Baleine, d'une durée de 21 ans et d'une valeur de 17 milliards de dollars. Dès lors, la phase 2 consiste en la construction du complexe de Grande Baleine et en d'autres barrages sur les rivières Grande Baleine, Nottaway et Rupert. Les Cris s'opposent d'autant plus vigoureusement à ce projet qu'ils ont constaté les effets négatifs du premier sur leur mode de vie. Jusqu'en 1992, leurs protestations ont peu d'effets sur la situation. Le gouvernement québécois prévoit vendre l'électricité générée par la phase 2 aux États américains de New York, du New Hampshire, du Maine et du Vermont. Toutefois, Mario Cuomo, alors gouverneur de l'État de New York, ordonne à la New York Power Authority d'annuler l'engagement pris avec Hydro-Québec et de se concentrer sur la conservation de l'énergie et l'achat d'électricité provenant d'autres sources. L'achèvement du complexe de Grande Baleine est suspendu indéfiniment, faute d'acheteur potentiel d'hydroélectricité.
En 2002, le gouvernement du Québec et le Grand conseil des Cris concluent un accord ouvrant la voie à l'achèvement du projet. Une entente conclue entre les deux partis marque un terme au litige et ouvre les discussions sur le détournement d'une des plus grandes rivières du Québec, la rivière Rupert, dans le cadre d'un projet d'une valeur de 4 milliards de dollars.
Durant les phases de construction 1 et 2 de la baie James, la déviation et l'endiguement des eaux de neuf rivières sauvages inondent une zone d'une superficie comparable à celle de la Belgique. Cette transformation affecte l'environnement et le mode de vie de la population autochtone de la région, mais l'étendue réelle des effets de ce projet ne fait toujours pas l'unanimité. Il est vrai que l'intégrité de cette région est désormais altérée. Mais il est également possible d'affirmer qu'un des avantages de la réalisation de ce projet est la production non polluante d'électricité répondant en grande partie aux besoins en énergie du Québec.